Lambeaux

Lambeaux, Charles Juliet (Folio)

Attention, chef d’oeuvre !

La première fois que j’ai entendu parler de Charles Juliet, c’était le 3 juin dernier à la cérémonie de remise du Prix ELLE : assis derrière un bureau qui habillait la scène de l’Odéon, le comédien Thibault de Montalembert lisait à une assistance recueillie un extrait de Lambeaux.

Ensuite j’ai découvert la véritable passion que voue L’ivresse littéraire à cet auteur et, sur ses conseils avisés, j’ai filé un dimanche après-midi m’offrir Lambeaux dans ma librairie préférée.

Quelques temps plus tard, je me suis plongée dans cet ouvrage pour le lire quasiment d’une traite, happée tant par l’histoire que par la puissance du style de Juliet. Rares sont les rencontres aussi fortes que celle que j’ai vécue en lisant ces quelque 150 pages. J’ai été terrassée par la beauté de l’écriture, aussi bien que par sa poésie et sa simplicité. Avec une écriture qui parle au cœur et dans une économie de mots qui force le respect, Juliet touche au plus juste. Et j’ai eu l’impression de faire connaissance avec un monument de la littérature française.

Dans Lambeaux, Juliet écrit son histoire avec une grande humilité. Après l’internement de sa mère dépressive, alors qu’il n’a qu’un mois, il est confié à une famille qui l’élève et lui offre tout son amour. C’est son destin, et celui de ses deux mères, que Juliet nous raconte ici. Il nous dit aussi la marque indélébile que laissera sur lui l’abandon qu’il a vécu.

C’est la 2e partie du livre qui m’a le plus touchée : dans un récit à la 2e personne, l’auteur s’adresse à lui-même, à celui qu’il a été, à celui qu’il est devenu, qui s’est battu pour vivre, pour survivre, qui a trouvé dans l’écriture la réponse à ses maux. Plus qu’une déclaration d’amour, Lambeaux livre le récit d’un formidable exemple de résilience.

Ce livre va résonner encore longtemps en moi et j’en relirai régulièrement des extraits, par-ci par-là, pour le plaisir des mots et de ce qu’ils provoquent, de sensations, de sentiments, sous la plume de Monsieur Juliet.

Un chef d’oeuvre, je vous dis.

En écrivant, se délivrer de ses entraves, et par là même, aider autrui à s’en délivrer.

Lambeaux, de Charles Juliet, est disponible en Folio (160 pages).

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