Le Bleu de la nuit

Le Bleu de la nuit, Joan Didion (Le Livre de Poche)

J’ai enfin découvert Joan Didion et son « livre magistral » dont me parlait mon amie Sophie depuis deux ans. Un chef d’oeuvre. Une merveille.

Ceci est un cri. Un cri d’amour, un cri de désespoir. Le cri d’une mère qui a perdu sa fille, son adorable, sa magnifique petite fille. Le cri d’une femme désemparée par le temps qui passe. Le cri d’une épouse qui a perdu son mari. Le cri d’une femme ébranlée, fragilisée par l’injustice de la vie. Un cri mélancolique, silencieux. Un cri malgré tout.

Ceci est le récit d’une douleur aiguë, lancinante. Ceci est aussi un vibrant hommage à la vie et aux êtres aimés.

Ceci est un texte d’une grande beauté. Pour commencer, l’incipit est un véritable poème en prose. Tellement de passages à retenir, à noter. Les phrases coulent le plus naturellement du monde, comme si Joan Didion nous parlait, se confiait. Elle partage avec nous ses réflexions les plus profondes, ses pensées les plus intimes. Elle évoque des moments heureux, se rappelle certaines photos, soulève délicatement le couvercle des boîtes dans lesquelles sont rangés ses souvenirs, pour les refermer aussitôt. Trop douloureux. Elle nous raconte Quintana Roo, sa fille adorée, son enfance, le jour de son mariage, les détails qui ont toute leur importance. Elle nous ouvre son cœur. Certaines phrases, certains mots, reviennent souvent, comme une ponctuation. Ou comme un refrain. Comme l’esprit qui tourne en rond, tâtonne, cherche le chemin et finit par revenir, toujours, à son point de départ. Sans jamais trouver le soulagement.

(…) comme si les souvenirs étaient un réconfort. Les souvenirs ne sont rien de tel. Les souvenirs portent par définition sur des temps passés, des choses enfuies. Les souvenirs, ce sont les uniformes de Westlake dans la penderie, les photos craquelées aux couleurs délavées, les invitations au mariage de gens qui ne sont plus mariés, les faire-part de décès de gens dont on ne se rappelle plus le visage. Les souvenirs, c’est ce qu’on ne veut plus se rappeler.

Ceci est un cadeau de mon amie Sophie. Le « livre magistral » dont elle relit tous les jours quelques pages, son livre de chevet. J’ai mis plusieurs mois (plus d’un an, en réalité) à m’en emparer. Je craignais un sujet pesant, un ouvrage difficile, et j’ai rencontré un texte puissant, émouvant. J’ai découvert la grande Joan Didion grâce à ce magnifique cadeau et je ne pouvais rêver mieux pour ma première lecture de l’année !

Prochaine étape : lire L’année de la pensée magique. Evidemment.

Le Bleu de la nuit, de Joan Didion, est disponible en Livre de Poche.

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