Le bal des folles

Le bal des folles, Victoria Mas (Albin Michel, 2019)

J’ai une confession à vous faire, autant vous le dire d’emblée… je n’ai pas été emportée par Le bal des folles. Avec tous les avis dithyrambiques que j’avais lus ici et là, il faut dire que j’en attendais beaucoup. Sûrement un peu trop. Moralité : il faut se méfier du buzz…

Le sujet avait pourtant tout pour m’accrocher : pour son premier roman, Victoria Mas nous embarque à la Salpêtrière en 1885, dans le service du professeur Charcot. C’est ici qu’étaient internées toutes les « hystériques » de Paris, ces femmes que leurs maris, leurs pères ou leurs frères faisaient enfermer pour un oui ou pour un non. Le plus souvent pour la vie. Nous suivons Geneviève, l’infirmière, et Louise, Thérèse et Eugénie, les internées. Louise a été abusée par son oncle après le décès de ses parents. Thérèse est une ancienne prostituée qui a tenté de tuer son souteneur. Eugénie est une jeune femme de bonne famille dont le seul tort est de dialoguer avec les morts (ce qui pourrait nuire gravement à la réputation de son notaire de père). Ces femmes subissent des violences innommables, se trouvent réduites au silence, n’ont plus d’autre horizon que les murs de leur prison. Elles ne sont plus rien. 

Une fois par an, à la mi-carême, un bal est organisé avec les patientes du service du professeur Charcot : il s’agit du bal des folles. Le Tout-Paris se presse alors à la Salpêtrière pour approcher ces femmes. Ce cirque, humiliant, donne son nom au roman et j’ai regretté que l’autrice ne s’y attarde pas davantage. Malgré le formidable travail de recherche que l’on soupçonne, j’ai eu le sentiment que l’épisode était survolé. 

J’ai trouvé que ce roman se lisait très (trop) vite, je l’aurais voulu plus fouillé, plus long peut-être. Malgré le sujet, passionnant, révoltant, il m’a manqué le souffle romanesque que j’avais tant aimé dans La salle de bal de Anna Hope

En conclusion, malgré une lecture facile et pas désagréable du tout, je ne suis pas entrée dans la danse… et je dois bien avouer qu’il s’agit de ma première déception de l’année. 

Le bal des folles, de Victoria Mas, est disponible chez Albin Michel (2019, 256 pages).

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