Midi

Midi, Cloé Korman (2020, Points)

Midi est un roman mélancolique sur les fantômes du passé. 

Claire et Dom ne sont pas vus depuis près de quinze ans. A l’époque, le charismatique Dom dirigeait un théâtre à Marseille et Claire y avait passé un été, accompagnée de son amie Manu. Alors étudiantes, elles avaient toutes les deux encadré pendant cinq semaines un stage de théâtre pour petits Marseillais en mal de vacances. A présent, Claire est médecin et Dom, en fin de vie, vient de se faire hospitaliser dans son service, en région parisienne. A l’occasion de ces « retrouvailles », Claire se remémore ce lointain été, l’été de ses premiers émois amoureux, cet été au cours duquel l’érotisme l’avait disputé à la jalousie. Cet été qui a tout changé. Les deux amies se sont perdues de vue, Dom a disparu de leur vie. 

Une guirlande électrique est fixée au-dessus de l’entrée, il y a des enfants sur des échelles, des enfants dans les platanes. Le 23 août 2000, on dirait que l’enfer est vide et que tous les les démons sont ici, dans la cour du Théâtre de l’Été.

Bien sûr, on sent dès le début du roman qu’un drame se prépare. La petite troupe travaille à l’adaptation de La Tempête de Shakespeare et chaque scène est l’occasion de dresser le portrait des enfants et de leurs parents. Il y a les timides, les fortes têtes, les leaders, les suiveurs… et il y a Jo, l’énigmatique Jo, une petite fille dont on devine rapidement qu’elle reçoit des coups à la maison. Avec son nez qui dégouline, son air absent et ses cheveux en bataille, elle revient hanter Claire. Car Claire savait. 

Comment tourner la page, comment avancer, comment assumer le passé ? 

Midi est un roman sur la difficulté d’assumer les lâchetés, petites et grandes, qu’on traîne au cours de notre vie comme des boulets. Un roman sur le passage à l’âge adulte, entre nostalgie et lucidité. Un roman qui fait appel à tous les sens et nous plonge dans la touffeur d’un été marseillais.

J’ai aimé son style, ses phrases longues et sensibles, mais trouvé l’ambiance parfois trop pesante. Même dans les moments heureux, on sent la noirceur tapie dans un coin, à l’affût. La 4e de couverture annonçait pourtant un roman « lumineux ». J’avoue l’avoir refermé avec une pointe de soulagement, non sans une certaine envie de légèreté. 

Quatrième roman lu dans le cadre du prix du Meilleur Roman des lecteurs Points 2020.

Midi, de Cloé Korman, est disponible en Points (janvier 2020, 192 pages).

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