Rosa Candida

Rosa Candida, Auður Ava Ólafsdóttir (Ed. Zulma)

Rosa Candida est un roman charmant. Inclassable aussi. On y retrouve tout à la fois un road trip, une histoire d’amour, une bonne dose de spiritualité, une dimension initiatique et, bien sûr, le langage des fleurs. J’ai beaucoup aimé et je vous le recommande. 

Arnljótur, notre héros venu du grand froid et des paysages de lave, est terriblement émouvant. Il est devenu papa par accident, après avoir passé une demi-nuit avec la jeune Anna. Une étreinte fugace dans la serre de son jardin, dont il garde en mémoire ce moment de grâce où, à la faveur d’un jeu d’ombre et de lumière, un motif de feuilles s’était dessiné sur le ventre de son amie. 

Arnljótur est un poète, un doux rêveur qui se sent bien les mains dans la terre, au contact de la nature et de ses fleurs bien-aimées.  

Je ne discute pas plus avant de jardinage avec papa. Je ne peux pas non plus dire à mon électricien de père que je ne sais pas tout à fait ce que je veux, que ça peut être ardu de décider une fois pour toutes à un moment donné de son existence. Papa dirait : « On ne va pas loin avec des rêves, mon petit Lobbi. » Maman, elle, aurait dit : « Il faut poursuivre ses rêves. »

C’est sa mère, morte prématurément dans un accident de voiture, qui lui a transmis sa passion pour les roses. Avec elle il aimait tant jardiner. Et c’est le souvenir de sa mère et cet amour des roses qui le pousse à quitter son île du bout du monde, inhospitalière, pour prendre la route, traverser de nombreuses contrées et rejoindre la plus belle, la plus merveilleuse roseraie du monde, perchée sur les flancs d’un monastère. Il y arrive après un long périple, au cours duquel il a pris grand soin de ses boutures de rose à huit pétales. Cette rose qui rappelle la Rosa Candida. Arnljótur s’est fixé une mission : rendre à cette roseraie son éclat d’antan. Aucune indication géographique, les lieux sont imaginaires et c’est ce qui fait de ce joli roman un non moins joli conte. 

Rosa Candida raconte l’éveil à l’âge adulte, la construction d’un homme bien. Un homme vivant, aimant, touchant. On voit Arnljótur grandir à chaque étape, à chaque rencontre. Arnljótur sait qu’il ne sait rien. Il doute de tout. Comment suivre ses envies, vivre sa vie, sans culpabiliser ? Comment quitter son père endeuillé et lâcher la main de son frère jumeau handicapé ? Comment être père à vingt ans ? Arnljótur doute de tout, sauf de sa passion pour les roses et de son amour pour sa fille, Flóra Sól. Au fil des chapitres (très courts), Audur Ava Olafsdottir ne cesse de nous surprendre. Il ne se passe jamais ce que l’on attend et c’est tant mieux. 

Ce roman est d’une grande délicatesse. Il est charmant, vraiment.

Rosa Candida, de Auður Ava Ólafsdóttir, est disponible en format poche aux Editions Zulma (2015, 288 pages). Traduction Catherine Eyjólfsson.

De la même autrice, à lire également : Miss Islande paru en 2019.

3 réflexions au sujet de « Rosa Candida »

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