Le discours

Le discours, Fabrice Caro (Folio, 2020)

J’ai ri ! Et, croyez-moi, en ces temps de confinement-stress-anxiété-distanciationsociale-sinistrose cela m’a fait un bien fou !!!

Adrien est amoureux de Sonia. Très amoureux. Il se pourrait bien que Sonia soit la femme de sa vie. Oui mais voilà, Sonia ne voit pas les choses de la même façon puisqu’elle a demandé à Adrien de « faire une pause ». Il y a un mois déjà. Une pause ? Pour quoi faire ? Pendant combien de temps ? Y a-t-il un autre homme dans la vie de Sonia ?

Adrien se pose toutes ces questions – et bien d’autres – alors qu’il assiste à un dîner soporifique chez ses parents, avec sa sœur et son futur beau-frère. Sophie et Ludo doivent en effet se marier dans un mois et demi et, pour l’occasion, Ludo demande à Adrien de prononcer un discours. Le discours qui rendra hommage à sa sœur pendant cette soirée inoubliable. Le discours qu’il ne faut foirer sous aucun prétexte si l’on ne veut pas ruiner l’ambiance… Sacrée responsabilité (et sacrée pression) pour notre pauvre Adrien.

Peu sûr de lui, grand timide et amoureux obsessionnel, Adrien se retrouve donc coincé. Incapable de refuser, le voilà tout au long de la soirée tenter désespérément de construire la trame de son discours dans sa tête tout en jonglant avec les conversations insipides, alors qu’il n’attend qu’une seule chose : que son téléphone vibre, que Sonia se manifeste, lui réponde enfin.

Dans les repas de famille, par ma faute, nous avons toujours été un nombre impair à table. Je suis celui qui ne vient pas par deux, je ne suis qu’une moitié d’entité. Quand j’arrive, on jette un coup d’œil furtif par-dessus mon épaule pour vérifier qu’il n’en manque pas un morceau. Voilà : j’ai toujours été un impair. A cause de moi, on a du mal à couper le gâteau (…) et reste toujours cette part dans l’assiette que personne ne veut, non pas par une sorte de code de politesse, mais parce qu’elle transpire une solitude dont on craint qu’elle ne soit contagieuse.

Le discours est un court roman, drôle et tendre à la fois. Adrien est aussi pathétique qu’il est touchant. Ici, rien à voir avec le voyage en absurdie qu’était Zaï Zaï Zaï Zaï (que j’avais d’ailleurs adoré !). Fabrice Caro nous embarque dans un dîner de famille tout ce qu’il y a de plus banal, croque les habitudes et les névroses de chacun, la médiocrité du quotidien. Non sans une certaine poésie. Et il dessine Adrien en anti-héros sympathique et maladroit, digne héritier de Pierre Richard / François Pignon.

Un roman tombé pile au bon moment, qui m’a redonné le goût de lire après une bonne semaine de flottement. Humour et légèreté au programme, je recommande.

Restez chez vous, lisez et portez-vous bien ! 😘

Le discours, de Fabrice Caro, est disponible en Folio (2020, 224 pages).

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