Nos espérances

Nos espérances (Gallimard, 2020, 368 pages)

Quel plaisir de retrouver Anna Hope et sa façon d’écrire les femmes et les émotions qui les habitent ! Après La salle de bal et Le chagrin des vivants, elle délaisse le roman historique pour dresser, dans Nos espérances, le portrait de femmes d’aujourd’hui. Un roman sur les méandres de l’amitié, très agréable à lire.

Sur une vingtaine d’années, nous suivons Lissa, Cate et Hannah. Amies de toujours (ou presque), elles se sont construites ensemble. L’âge avançant, elles se frottent désormais aux désillusions, aux compromis et aux mesquineries de la vie. Elles font le bilan.

Avec l’arrivée de son bébé, Cate ne se retrouve plus ni dans son mariage, ni dans sa vie. La belle et magnétique Lissa se sent usée de ne pas voir sa carrière d’actrice décoller. Quant à la sage et positive Hannah, elle ne vit que pour l’enfant qui ne vient pas et qui l’éloigne chaque jour davantage de son mari. Et puis il y a Sarah, l’artiste, la mère bohème de Lissa, cette sorcière des temps modernes qui illustre à elle-seule les combats féministes et le concept-même de sororité.

Chacune est admirable, forte et belle à sa manière. Chacune a ses faiblesses, ses petitesses, ses regrets, ses remords.

Et il y a ce mystère qu’est l’amitié, ce lien d’amour qui circule entre elles. Anna Hope en explore toutes les dimensions. L’amitié comme repère, comme pilier sur lequel on s’appuie. Mais aussi comme miroir. L’impossibilité de ne pas se comparer, et les petites jalousies qui vont avec. L’envie, la rancœur, malgré la tendresse. La frustration, parfois. La frustration, surtout. L’usure de la patience, de l’empathie. Ça s’entretient aussi, l’amitié… Alors on se dit qu’il faut s’accrocher car, comme le dit si bien Sarah, les femmes sont la seule chose qui nous reste au final.

Hannah tire ses amies à elle, appuie son front contre le leur. Je vous aime, dit-elle. Et, la tête penchée vers la sienne, Cate et Lissa murmurent à leur tour leur amour, car c’est là l’effet du mariage: il se déverse par-delà le couple, engendrant l’amour, engendrant la vie, nous faisant croire, ne serait-ce que le temps d’un après-midi, à une fin heureuse, ou du moins, à tout le moins, à l’espérance que l’histoire se poursuive comme il se doit.

Nos espérances est une histoire de femmes et d’amitié, une histoire lumineuse comme je les aime. 

Anna Hope, décidément.

Nos espérances, de Anna Hope, est disponible chez Gallimard (2020, 368 pages). Traduction : Elodie Leplat

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