Les fidélités

Les fidélités, Diane Brasseur (Les fidélités)

Les fidélités est le premier roman de Diane Brasseur. C’est en écoutant le podcast de l’école Les Mots, Assez parlé, que j’ai eu envie de le lire. La scénariste explore ici l’infidélité du point de vue de l’homme marié. Des chapitres courts, très cinématographiques. Un style fluide que j’ai apprécié.

Il a 54 ans, aime sa femme depuis 20 ans, aime sa fille de 14 ans et son vieux père malade.

Il vit à Marseille dans une belle maison.

Il vit à Marseille et travaille à Paris.

À Paris il aime Alix depuis un an. Alix est belle, elle est jeune, elle a 31 ans.

Le week-end à Marseille, la semaine à Paris. Voilà, il a une double vie.

Cet homme est quelqu’un de bien, un homme loyal selon ses amis. 

À la veille des vacances de Noël, avant de s’envoler en famille à New York, l’homme fait le point. Il s’enferme dans son bureau avec l’intention de n’en sortir qu’une fois qu’il aura pris une décision. C’est un homme qui se sent vivant mais déjà vieillissant. Il prend le temps de regarder les choses en face, remonte le fil de l’année écoulée, le fil de son mariage. Il tente de se projeter. Va-t-il privilégier sa vie de famille ou ouvrir un nouveau chapitre, tout recommencer ?

Malgré tout, notre héros aime la fidélité, il y croit. Il mène double vie qui ne lui ressemble pas. 

Comment glisse-t-on dans une double vie ? Comment aime-t-on deux femmes ? Comment ne pas les faire souffrir ? Comment se regarder dans un miroir ? Comment réagir si, dans quelques années, sa fille lui annonce qu’elle aime un homme marié ? Son cœur se serre à cette idée, le nôtre aussi. Fuis, ma chérie. Voilà ce qu’il aurait envie de lui dire. Fuis, tu mérites plus, tu mérites mieux. Tu mérites d’être heureuse, fuis. Et il pense à Alix, elle aussi mérite mieux. Il ne lui a jamais fait de promesse, n’a jamais élaboré aucun projet avec elle. Il a toujours fait attention à ne pas utiliser le futur quand il s’adresse à elle. Il sait pourtant que, malgré ces précautions, il a jeté des hameçons. 

Il est humain, il est lâche. Il est conscient de sa lâcheté et aimerait que l’on prenne une décision à sa place…

Diane Brasseur nous livre le monologue intérieur de cet homme. Elle se glisse dans sa peau, enfile ses vêtements, ses souliers, ne le juge jamais. Peut-être pour mieux nous en laisser le loisir… 

J’ai lu ce roman quasiment d’une traite. Comme dans Douce, de Sylvia Rozelier, on se retrouve au cœur d’une histoire d’adultère, une dissection en règle de l’infidélité. Et l’usage de la première personne ouvre grand la porte de l’empathie. S’il ne s’agit pas ici d’une histoire d’emprise ou de manipulation, Alix m’a rappelé Douce parce qu’elle vit sa vie en pointillés, guettant la sonnerie du téléphone, ne vivant que pour les retrouvailles et vivant les séparations avec toujours plus de tristesse. Car raconter l’infidélité c’est aussi raconter la malédiction de « l’autre femme », l’attente. 

Les fidélités, de Diane Brasseur, est disponible en Points (2015, 168 pages).

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