La plus que vive

La plus que vive, Chistian Bobin (Folio, 120 pages)

Christian Bobin, encore. Christian Bobin, sa plume, sa sensibilité. Sa poésie. Lisez Bobin.

Il ne sait pas très bien s’il faut lui parler au présent ou à l’imparfait. Son amour s’en est allée brusquement. Elle avait 44 ans, 3 enfants et une formidable joie de vivre qui en faisait une fée enchanteresse. 

Ton rire me manque. On peut se laisser dépérir dans le manque. On peut aussi y trouver un surcroît de vie. L’automne et l’hiver qui ont suivi ta mort, je les ai occupés à défricher pour toi ce petit jardin d’encre.

Dans La plus que vive, Christian Bobin raconte Ghislaine. L’amour de sa vie, la partenaire, la complice, la femme, la mère. Il raconte sa sagesse et sa fantaisie. Son rire, sa légèreté aussi. Il convoque ses souvenirs avec pudeur, avec douceur. Comme toujours ses mots sont beaux. Et émouvants. Tellement émouvants.

Je te parle à voix basse, je te parle à voix folle, j’emprunte la voix des gens du douzième siècle pour te parler, j’emprunte les mots de rose et d’églantier, les sentes d’amour courtois, les troubadours vantaient la grâce d’une femme qui n’était pas la leur mais celle d’un prince, aujourd’hui tu es l’épouse du roi de la lumière, tu dors entre les bras puissants de Dieu et cela ne m’empêche pas de te parler et de continuer ma cour, rien ni personne ne m’en empêchera, ni prince ni Dieu (…).

Même si Bobin l’a publié dans l’année qui a suivi le décès de Ghislaine, La plus que vive est un récit sur l’amour plus que sur la mort. Sur l’amour par-delà la mort. 

Tu m’as mené, non, il faut que j’écrive au présent pur, au présent seul, il faut que j’écrive au plus-que-parfait du présent seul, tu me mènes très loin dans ta vie quotidienne, jusqu’à ce point où la vie quotidienne et l’amour éternel ouvrent le bal, dans les bras l’un de l’autre.

Quand la neige se met à tomber et fait refleurir d’heureux moments, Bobin écrit et parle à Ghislaine au présent. Car c’est au présent que l’on s’adresse à la Vie. Peut-être même au futur…

Comme La part manquante et La grande vie, ce livre est une merveille. 

La plus que vive, de Chistian Bobin, est disponible en Folio (120 pages).

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