Le dernier Lapon

Autant le dire d’emblée, Le dernier Lapon est un excellent polar !

Olivier Truc est un journaliste français. Spécialiste des pays nordiques, il vit à Stockholm depuis les années 1990. Il est correspondant pour Le Monde et pour Le Point.

Son roman se situe en Laponie, une terre à la croisée de la Norvège, de la Suède et de la Finlande. Une terre hostile où les éleveurs de rennes vivent et travaillent chaque jour dans des conditions extrêmes. Une terre qui se cherche, entre tradition et modernité. 

Lorsqu’un tambour de chaman disparaît mystérieusement, juste avant d’être exposé au public pour la première fois, la communauté s’émeut. L’objet, sacré, se fait rare – on en compte seulement quelques dizaines dans le monde ; les autres ayant été détruits au fil du temps comme si l’on avait cherché à gommer la culture sami. 

Ils parlaient de pierres, de minerais, de mines. Ils parlaient de richesses. Ils parlaient de progrès. Ils s’attendaient en général à soulever l’enthousiasme des éleveurs sami. Et ils s’étonnaient souvent de ne rencontrer que des visages fermés. Les étrangers ne comprenaient pas. Là où ils voyaient des mines et ce qu’ils appelaient le progrès, les éleveurs voyaient autre chose. Ils voyaient des routes qui couperaient leurs pâturages, des camions qui effraieraient leurs rennes, des accidents lorsque les animaux devraient traverser la route.

Un éleveur de rennes est assassiné peu de temps après le vol du tambour. Les deux affaires seraient-elles liées ? C’est la police des rennes qui va mener l’enquête. Klemet, le Sami qui a déjà roulé sa bosse, fait équipe avec Nina, fraîchement sortie de l’école de police. Deux caractères forts qui sillonnent la toundra en motoneige et s’apprivoisent au fil des pages.

Le roman est très bien ficelé et l’on sent que l’auteur connaît son sujet. Il nous raconte un peuple autochtone en partie brisé par la modernité (j’ai évidemment pensé au formidable Kukum de Michel Jean). La nature, inhospitalière et pourtant envoûtante, est omniprésente : le miroir éblouissant de la neige, les bourrasques d’une violence inouïe, la magie des aurores boréales, la profondeur de la nuit polaire, et le retour du soleil (donc des ombres !) comme une sorte de miracle. 

J’ai aimé l’écriture, rythmée, et la construction de l’intrigue, entre époque contemporaine et expéditions datant de l’entre-deux-guerres. Sans oublier le duo d’enquêteurs qui fonctionne très bien. Bref, un excellent moment de lecture ! J’aurai d’ailleurs plaisir à retrouver Nina et Klemet dans Le détroit du Loup (2014) et La Montagne rouge (2016). Il semblerait même qu’un quatrième volume de leurs aventures soit prévu pour mars 2021 ! Je n’en ai pas encore fini avec la Laponie…

Le dernier Lapon, d’Olivier Truc, est disponible aux éditions Métailié (2012, 456 pages) et en Points (2013, 576 pages).

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s