Capitale de la douceur

Capitale de la douceur, Sophie Fontanel (Editions Seghers, 2021)

Attirée par le titre d’abord, je me suis coulée avec plaisir dans les pages du dernier ouvrage de Sophie Fontanel. Capitale de la douceur (Edition Seghers, 2021) est un roman intime, rythmé et poétique.

La plume, douce, caressante, fait d’autant plus ressortir les épisodes violents. Car la violence, Sophie Fontanel l’a subie très jeune. Elle a été violée adolescente. Un traumatisme sur lequel il lui est longtemps difficile de mettre des mots. Son corps, garant de la mémoire, a tout enregistré. C’est à l’occasion d’un séjour sur l’île du Levant que toute cette violence remonte. Par vagues régulières.

Sur cette petite île, Sophie Fontanel fait l’expérience du naturisme. D’abord avec une certaine réticence puis avec le plus grand naturel, elle se découvre. Et c’est bien plus que son corps qui est mis à nu. La douceur va lui apparaître comme la solution, la douceur comme pouvoir ultime contre la violence. Douceur, liberté, amour de soir. 

C’est en vers qu’elle nous raconte cela.

Pour descendre dans la crique il me fallut avancer de biais

faire le bouquetin

Seule façon d’arriver jusqu’à l’eau

Je failli perdre l’équilibre 

Gênée par mon paréo je le retirai pour être libre

Libre et seule car il était tôt

Cela me parut malgré tout un peu inconséquent

D’être ainsi disons à la merci

A la merci de qui ?

Dans la crique déserte à la merci des poissons scintillants

Ma réserve disparut

Le corps aéré j’étais la bienvenue

Capitale de la douceur, de Sophie Fontanel, est disponible aux éditions Seghers (2021, 240 pages).

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