La Papeterie Tsubaki

La Papeterie Tsubaki, OGAWA Ito (Picquier poche, 2018)

Un roman doux et poétique. Délicieux. 

L’Aînée, si on le lui demandait, se chargeait de tous ces menus travaux d’écriture, qu’il s’agisse de calligraphier le nom du vainqueur de la compétition de croquet d’un club de séniors, le menu d’un restaurant japonais ou le curriculum vitae du fils d’une famille du quartier à la recherche d’un emploi. Bref, nous sommes les femmes à tout faire du pinceau, bien qu’en apparence notre commerce soit une simple papeterie de quartier.

Hatoko a été élevée par sa grand-mère, l’Aînée. Avec peu de tendresse, beaucoup d’exigence et une grande sévérité. Pendant de nombreuses années, l’Aînée a enseigné l’art de la calligraphie à Hatoko. L’Aînée était écrivain public. C’est également le métier que Hatoko décide d’exercer à présent qu’elle reprend la papeterie Tsubaki. Sa grand-mère est décédée, elles n’ont pas eu le temps, l’occasion, la force, de se réconcilier. 

Sur ses instructions, j’ai étalé un sous-main en feutrine sur la table basse et, dessus, j’ai posé une feuille de papier blanc que j’ai calée avec un presse-papiers. Tous ces gestes, je les ai accomplis moi-même, comme j’avais vu l’Aînée le faire. Sous mes yeux s’alignaient une pierre à encre, un bâton d’encre, des pinceaux et du papier. Ce qu’on appelle les « quatre trésors du lettré ».

Après avoir été le royaume de l’Aînée, la papeterie Tsubaki est donc celui de la jeune Hatoko, à qui l’on confie le soin de rédiger condoléances, cartes de vœux et autres courriers de rupture. Il ne faut rien négliger dans cette mission d’importance, ni le choix du papier, ni le pinceau ou la plume, ni l’encre, ni le timbre. Tout a un sens. Et il y a quelque chose de délicieux à observer parfois les interrogations, les tâtonnements, que chaque nouvelle demande provoque.

Nous accompagnons Hatoko – Popo pour les intimes, au gré des saisons. Nous faisons la connaissance de ses voisins – Madame Barbara, le taciturne Baron, la douce QP. Nous visitons les temples et ressentons le baume de la nature, de l’amitié, sur l’âme et le cœur. 

La Pateterie Tsubaki, de OGAWA Ito, est disponible aux éditions Picquier (2018, 384 pages). Traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako.

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